samedi 16 janvier 2010

Bonjour, my name is Sébastien, et je suis [insérez un métier]




Qualicum Bay, village d'environ 400 habitants avec deux restaurants et un pub (le Road House, comme le film avec Patrick Swazye). Ça se situe à environ deux heures au nord de la ville de Victoria sur l'île de Vancouver. C'est tellement petit que ça n'apparait pas sur Google Map (il faut écrire Qualicum Beach si on veut voir c'est où car c'est le village d'à côté - qui soit dit en passant, est peuplé à 80% de retraités et l'autre 20% travaille pour eux). Je travaille au Alpaca Acres at Arrowsmith, une ferme d'alpagas et de lamas qui s'occupe aussi d'hommes ayant eu une lésion au cerveau suite à un accident – je ne parlerai pas de ces hommes ni de ce que je fais avec eux pour garder la confidentialité - j'ai signé quelque chose pour ça. Avant de poursuivre, je me dois d'expliquer comment j'ai trouvé cette ferme.

Après une recherche d'emploi infructueuse à Vancouver, je me suis viré de bord et me suis dit que ça voulait peut-être dire que je devais quitter cette ville. Ayant suivi les conseils d'une amie avant de partir (merci Émilie!), je me suis abonné à l'organisme WWOOF Canada. WWOOF vient de l'anglais World-Wide Opportunities on Organic Farms, ce qui se traduit en français par « possibilités dans les fermes biologiques du monde entier ». Il y a des WWOOF un peu partout dans le mode et il ne suffit que de s'abonner à celui du pays que tu veux visiter. Le principe est simple et pratique en voyage: en échange de ton travail sur la ferme, tu es logé et nourrit. Pas rémunéré par contre, mais ce n'est pas grave, car la base est dispensée par les propriétaires. Le nombre d'heures de travail, l'endroit où tu dors et la façon dont tu es nourrit sont à la discrétion de chacune des fermes. Tu dois donc « magasiner » ta ferme. Dans ta recherche, tu as le choix des endroits où tu peux travailler – il n'y a pas seulement que des fermes biologiques, il y a aussi des auberges, des fermes d'animaux (comme où je suis présentement), des centres d'éco-tourisme, etc... Donc tu peux même te trouver du travail l'hiver. Est-ce qu'il faut se prendre d'avance? Pas vraiment, mais le choix devient réduit par contre si tu attends à la dernière minute – mon cas – car certaines personnes se prennent beaucoup à l'avance (ah ces européens!). Au début de ma recherche, j'envoyais un courriel à la fois au fur et à mesure que les réponses rentraient. Je me suis vite aperçu que ce n'était peut-être pas le bon moyen en recevant des réponses négatives (on a déjà quelqu'un, pas de travail l'hiver) ou simplement pas de réponses. J'ai dû envoyer une dizaine de demandes avant d'avoir une réponse positive – deux dans le fond, à quelques heures d'intervalles, mais l'autre c'était une auberge qui ne m'offrait que le logement. Me voici donc au Alpaca Acres at Arrowsmith, Qualicum Bay.

Tout d'Abord, mes condition de vie. J'habite seul dans une roulotte avec toutes les commodités – même l'écran de télé plat avec câble que j'ouvre très rarement. Les déjeuners et les diners sont sont à ma guise et le souper, on le prend tout le monde ensemble, comme une grosse famille. Pour mes repas et collations, je n'ai qu'à faire ma liste d'épicerie et on m'achète tout ce qu'il y a dessus, sans poser de questions à part peut-être « ta mayonnaise, est-ce que tu veux de la vrai ou de la Myracle Whip? » Parfais!!! J'ai aussi accès à une voiture pour mes déplacements, peu importe où. Donc je vis dans le gros luxe sale!!! En plus des bénéficiaires, il y a Jim, le propriétaire, Sue, sa femme, propriétaire par le fait-même et responsable de tout ça – que je ne voie que très rarement - et Mike, le frère de Sue qui travaille avec les bénéficiaires la fin de semaine. Personne d'entre eux n'habite vraiment ici en permanence. Il y a aussi deux autres « WWOOFer » avec moi ici. Deux français qui se connaissaient déjà - la fille est arrivée il y a quelques jours seulement. Ils sont très sympathiques! Les propriétaires aussi sont très sympathiques. Quand j'ai commencé à correspondre avec Sue, elle me soulignait souvent qu'il fallait avoir un sens de l'humour pour travailler ici. Je commençais à presque m'en inquiéter car  je me demandais pour quelle raison elle soulignait ça tout le temps? Parce qu'on se fait chier ici? Non! Parce que ce sont des gens qui aiment rire et taquiner les autres. Mon sens de l'humour cadre donc parfaitement! Ma personnalité aussi car je suis, comme dans mon travail précédent et certaines personnes de mon entourage, vu comme quelqu'un « d'original » que l'on aime bien « taquiner ». En plus, Jim aime bien mon côté gaffeur et adore me regarder travailler en attendant de voir de quelle façon je vais gaffer ou me blesser. Ironiquement, je me cogne souvent la tête. Jim n'arrête pas de me dire que je vais devenir client ici (Yeah, you wish Jim!). Un bénéficiaire m'a aussi dit « Tu ne veux pas avoir des séquelles permanentes au cerveau! » en riant et en faisant référence à sa condition. L'humour fait réellement parti du quotidien ici et je crois que je fais énormément ma part dans tout ça. Un autre exemple du sens de l'humour d'ici (je pourrais en donner plein mais j'ai d'autres choses à raconter): Je dis à Jim que j'aime bien la nourriture que sa mère fait car il y en a souvent. Il me répond que si je veux, il pourrait me la présenter car elle est célibataire et elle a 86 ans. Je lui dit que je suis intéressé et qu'il peut maintenant m'appeler papa. Il a bien rit et je l'appèle maintenant fiston (il a 62 ans).




Le travail

Je travaille environ entre 5 et 7 heures par jour dépendant de la température et de ce qu'il y a à faire. Je choisis les jours que je travaille tant que je fais environ 5 jours par semaine. La journée débute à 9h et la première tâche est d'aller nourrir les alpagas et les lamas. La différence entre ces deux animaux sont en gros leur taille. Les lamas sont plus gros. Il n'y a que quatre lamas, c'est donc plus une ferme d'alpagas. Je ne sais pas vraiment comment il y en a en tout. Le préjugé que l'on a face à ces animaux est presque vrai: ils crachent. La seule fois qu'ils peuvent te cracher dessus, c'est quand tu es entre eux et leur bouffe. À date, ce n'est pas arriver qu'un d'entre eux me crache dessus mais j'ai eu de sérieux avertissements. Ils se crachent dessus par contre régulièrement. C'est leur façon de régler leur compte. On pourrait faire ça nous aussi! Au moins, ça fait moins mal qu'un poing sur la gueule, non? Ce sont aussi des animaux très curieux. Quand tu t'approches, ils s'approchent eux aussi pour te regarder mais pas de trop près. Ce sont aussi des animaux peureux. Il y a un alpaga qui me permet de le flatter. C'est donc devenu mon chummy. Ça prend environ 45 minutes nourrir tout ce beau monde. Après, bein ça dépend. Ça commence souvent par Jim qui me demande par exemple « est-ce que tu as déjà fait de la plomberie? » et moi de répondre presque tout le temps « non ». « Tu vas en faire maintenant ». Il me montre sommairement la tâche à faire et me laisse me débrouiller par la suite. Pour savoir si le travail est bien fait? Il me dit « est-ce que ta mère serait fière? » Ça prend donc une bonne dose de débrouillardise et de patience pour travailler ici. Heureusement, il n'y a pas de pression du tout. C'est très relaxe comme ambiance de travail. Donc, à date, j'ai fait de la plomberie, de l'électricité, de la charpenterie et chauffeur d'autobus. J'ai aussi monter une cuisine IKEA (toujours en cours). Je sais aussi un peu ce qui s'en vient: « construire » un appartement (c'est dans le grenier de la maison secondaire où ils veulent faire un appartement et tout est à faire – c'est pour ça les meubles de cuisine IKEA), monter la plomberie pour une petite salle de lavage extérieur (en face de ma roulotte), finir la construction d'une clôture et probablement ramasser la merde dans les enclos des animaux car elle s'accumule et avec la pluie, ça devient une drôle de bouette (mes bottes sont belles à voir et à sentir!) Il y aura surement d'autres choses qui vont s'ajouter d'ici mon départ et il y a de bonnes chances que d'autres ne seront pas terminées. La journée se termine comme le début, en nourrissant les animaux. J'apprends beaucoup ici et j'aime ça! Je découvre aussi des muscles qui ne se sont jamais manifestés auparavant! J'aime beaucoup ma vie de fermier!





 

 

Je prévoie rester ici deux mois car je suis vraiment bien – ça fait longtemps que je ne me suis pas senti bien comme ça. Tellement que je n'ai pratiquement plus d'acouphène et ne pense pas à grand chose de dérangeant, donc pas vraiment beaucoup d'angoisse et d'anxiété. La vie est paisible et agréable et je suis dans la nature. Hier, j'ai eu la chance de voir les étoiles car il n'y avait pas de nuages (chose rare). Ça faisait très longtemps que je n'avais pas vu autant d'étoiles dans le ciel. En frais d'animaux sauvages « inusités », à date j'ai vu un aigle à tête blanche et des oies sauvages. À ajouter sur ma liste je l'espère car ils peuplent le domaine: un ours noir, des ratons laveurs et un serpent (non venimeux). Je suis aussi près de la « plage ». Je n'ai qu'à traverser la petite route et je suis rendu. Très belle vue!




Sur la langue


Je commence à réfléchir en anglais et à parler à la française. C'est vraiment bizarre tout ça! Je réfléchie en anglais car il le faut si tu veux bien t'expliquer, t'exprimer ou pour bien poser tes questions (ou juste pour être capable de dire de la marde en anglais pour les faire rire). Je me débrouille bien en anglais mais je me rends compte qu'il me reste encore un petit bout à faire. J'apprends et m'améliore à tous les jours. Quand je parle en français, je parle à la française car j'ai deux collègues français avec moi et si je veux me faire comprendre, je dois faire attention. Il y a aussi qu'en les côtoyant, on dirait que ça vient tout seul. Je comprends donc ces stars québécoises qui reviennent de France avec l'accent. Des fois, ils me disent de parler normalement à la québécoise mais dès que je commence, je vois leur regard vide qui veut dire qu'ils ne comprennent pas (ils ne te le diront pas qu'ils ne comprennent pas). J'aime bien les écœurer par contre! Je dis souvent dans une journée « maudit français chiants » ou mieux, « câlisse de français à marde »! Et eux me traitent de « colons de québécois »! Nous avons beaucoup de plaisir ensemble!

Pour terminer, j'héberge présentement une colocataire temporairement. Elle est très gentille et affectueuse. Pour l'instant, je la nomme minette. Il faudrait que je lui trouve un nom même si je sais qu'elle va probablement quitter bientôt. On verra!





Je commence à réfléchir sur la suite. Où je vais après? Je prends les suggestions.


Humeur: Réflexion, philosophe et serein
Musique: Le plancher des vaches de Fred Fortin

mercredi 6 janvier 2010

Pour en finir avec Vancouver



J'ai donc passé un mois à Vancouver. Malheureusement, je n'ai pu me trouver de travail. Pourquoi? Je ne saurais expliquer les raisons exactes mais selon moi, trois facteurs peuvent expliquer:
  • le manque d'expérience dans le travail manuel
  • le fait que je ne voulais pas rester longtemps ici et surtout pas durant les olympiques
  • le taux de chômage est élevé ici, donc plusieurs personnes se cherchent un emploi « à tout prix »
Ce n'est pas trop grave. Je me revire de bord et je cherche ailleurs. C'est la beauté de la liberté: quand un endroit n'est pas capable de te donner ce que tu veux, tu vas te faire voir ailleurs si tu y es. J'ai trouvé et j'y reviendrai.

Le côté négatif de la chose, c'est de vivre avec un budget restreint, très restreint (j'en profite ici pour remercier ma sœur de m'avoir hébergé gratuitement). Tu t'arrange pour que la bouffe coûte moins chère, donc tu te fais à manger en grande quantité pour avoir des restants pour les jours suivants – hé oui, je me suis mis à la cuisine et je m'épate! Tu ne sors pas dans les bars car c'est quand même chère et tu magasines ton Liquor Store quand tu as vraiment envi de boire une bière – il y a plusieurs Liquor Store dont la majorité sont privés mais il y a aussi un genre de SAQ aussi, et c'est là le moins chère (qui a dit que le privé coute moins chère que le public?). Tu limites pas mal tes activités à marcher et à découvrir des endroits sympathiques. Tu lis. Donc tu te débrouilles pour pas que ça ne te coûte chère. Le désagrément à ça c'est que tu ne te mets pas en situation de rencontres. Tu vis donc dans la solitude et tu l'apprivoises – chose que j'ai faite et qui va certainement m'aider dans le reste de mon voyage. Heureusement par contre, j'ai des connaissances ici. J'ai été invité à un souper qui était très sympathique malgré le fait que je n'ai pas parlé tant que ça – je suis gêné et quand tu es « l'intrus » dans une gang d'amis, c'est plus difficile. J'ai quand même eu quelques discussions intéressantes. La moins intéressante était certainement moi qui me plaignais que c'était gris à Vancouver. C'est bien beau que la température soit douce, mais quand il pleut 5 jours sur 7 – et des fois plus encore – tu viens qu'à t'ennuyer de la neige. La plupart des gens ici aiment mieux la pluie que la neige. Chose que je ne comprends pas et eux non plus ne me comprenaient pas. Premier choc des cultures?

J'ai aussi été invité à un party pour le 31 décembre. C'était malade et j'étais assurément chaud, mais pas saoul, du moins je pense. C'était dans un atelier d'artistes, très grand,  sur deux étages, situé dans une ruelle dans le East side de la ville. Pour y entrer, il y avait une grosse porte de métal bleue barrée et il fallait cogner, car pas n'importe qui pouvait entrer. Un gars ouvrait la porte et là, une chance je crois, je le connaissais. La soirée était ponctuée de différents spectacles de différents genres musicaux – mention spéciale à l'hommage aux Dead Kennedys – en plus la chanteuse était charmante. J'ai beaucoup aimé et eu bien du plaisir! Pour y aller, j'ai eu « la chance » de me faire « accoster »  par une prostituée réellement bas de gamme. Elle était de l'autre côté de la rue, quand même assez loin de moi, et elle se mit à crier à quelqu'un. Moi, je continue mon chemin croyant qu'elle s'adressait à quelqu'un d'autre, je ne connais presque personne ici. Je tourne à gauche sur une autre rue et encore à gauche dans la ruelle. C'est là que je me rends compte qu'elle s'adressait à moi car elle était derrière moi à me crier « Hey, Yo! Viens ici ». Je m'arrête donc et me retourne vers elle. Elle me fait un sourire troué par le manque de dents, me souhaite une bonne année, me prend la main et me dit « Si tu me donnes 20$, je peux te faire... ». Je n'y penses même pas 2 secondes et lui répond ce que je répond maintenant à n'importe qui qui me parle d'argent dans la rue: « Je n'ai pas d'argent sur moi et je ne suis pas intéressé ». Son visage prend une tournure de déception profonde et retourne d'où elle était arrivée. Je lui souhaite tout de même bonne soirée et bonne année.

Le dernier événement que j'ai vécu à Vancouver digne de mention fut la tournée que ma sœur m'a organisé du Downtown Eastside (le quartier dont j'ai parlé lors du dernier épisode). Elle m'a mis contact avec le docteur avec qui elle travaille, LE psychiatre du Downtown Eastside – un homme d'une grandeur d'âme exceptionnelle qui est à la fois assez excentrique dans sa façon d'être; mon genre d'intervenant. Je me suis senti très privilégié car même Karine n'a pas passé autant de temps avec lui. Tout d'abord, nous nous sommes entendu pour dire lors des visites que j'étais étudiant en travail social car ce n'est pas une activité pour les touristes – ce qui n'est pas totalement faut, je suis quand même intervenant de formation. Ce fut hyper-intéressant! Il prenait le temps de m'expliquer un peu l'histoire du quartier, ce qu'il y faisait, sa philosophie, etc... Nous avons visité différents hôtels où ses patients résident. Ces hôtels, datant du début des année 1900 ont été transformés en chambres pour les gens démunis vivants différentes difficultés. Ils sont entourés d'une panoplie d'intervenants – infirmiers, travailleurs sociaux, docteurs, psychiatres, etc. Les gens que j'ai rencontrés avec lui sont tous des consommateurs de drogues dures qui ont des problèmes de santé mentale. Des fumeux de crack, des héroïnomanes, des preneurs de cristal meth et des consommateurs de « coktails » divers. À chacune des rencontres, qui avaient lieu dans la chambre de la personne où même dans les escaliers – car comme me disait le docteur, c'est parfois le seul endroit qu'il peut les rencontrer car ils ne se pointent pas toujours au rendez-vous – il leur posait différentes questions, du comment ça va aujourd'hui à qu'est-ce que t'as consommé dernièrement. Il leur demandait aussi s'il pouvait me parler d'eux. Ils ont tous acceptés donc il me faisait un peu leur historique – triste. J'ai donc vu une personne qui venait de prendre sa puff de crack le matin en disant qu'elle ne se gelait plus (getting high). Le docteur a senti le besoin de m'expliquer que chez les fumeurs de crack qui ont énormément consommé, quand ils disent qu'ils ne se gèlent plus, ça veut dire qu'ils ne font que fumer pour assouvir leur manque, que dans les faits, c'est vrai qu'ils ne se gèlent plus. J'ai aussi vu une personne qui venait de s'injecter de l'héroïne. Sur son chandail, en haut de l'avant-bras, il y avait une tache de sang quand même fraiche, sur ses pantalons aussi. Le plancher de sa chambre était parsemé d'allumettes et de seringues. Quand nous sommes partis, le docteur m'a dit que c'était un bel exemple de réduction des méfaits car la personne était beaucoup mieux qu'avant et que sa chambre n'a jamais été aussi propre. Vu que je pourrais en écrire très long sur mon 3 heures que j'ai passé avec lui et que je ne veux pas non plus tomber dans le voyeurisme, je vais résumé en disant que j'ai assurément plus appris sur la santé mentale vs la consommation de drogues dures, la réduction des méfaits, la drogue dure, la prostitution, le fonctionnement de ce quartier et l'approche à adopter avec ces gens en intervention en 3 heures qu'en un cours de 45 heures au Cégep ou même à l'Université. Ce fut vraiment très intéressant et c'est une expérience qui va me rester gravée très longtemps dans ma mémoire (de façon positive). Donc merci à ma sœur!

Leçon d'humanité par les chiens (ou philosophie à 5¢)

Il fait beau, le soleil brille et c'est rare. Je profite donc de ce moment de lumière pour aller lire dans le parc. Tel un lézard, je recherche un banc où les raillons du soleil pourraient me chatouiller le visage et me chauffer la couaine. Je trouve cette source de bonheur et c'est à côté d'un endroit où les gens viennent s'amuser avec leur chien, ou le contraire. Je m'assoie et ouvre mon livre. C'est Sur la route de Jack Kerouac, un autre classique que je découvre. C'est très inspirant et réconfortant. Je suis absorbé dans cette aventure. Ayant de la difficulté à concentrer mon attention longtemps sur la même tâche, je décide d'observer un peu ce qui se passe autour de moi. Des canards qui nagent dans les trous où il n'y a pas de glace sur l'étang, les mouettes qui elles, sont sur la glace avec quelques corneilles qui essaient de casser cette glace. Il y a aussi des chiens. Beaucoup de chiens qui sont venus amuser leur maître en leur faisant tirer des balles. J'observe ces chiens, leurs interactions, leur joie. C'est là que je voie qu'un animal, ça n'a pas de préjugé. Les petits vont voir les gros, les gros vont voir les chétifs, les chétifs vont voir les poilus, etc... Tout commence de la même façon, ils se sentent le postérieur à tour de rôle et s'ils sont assez chanceux d'être de la même taille, ils le font simultanément. Si ça « fit », ils se mettent à jouer ensemble. Si non, ils vont en trouver un autre et recommencent la même tactique. Je me dis donc à ce moment, pourquoi qu'on n'est pas comme ça les Hommes avec un grand H (pas le sniffage de postérieur, plus laisser la chance aux gens avec un premier contact)? « Lui je ne lui parle pas car il a l'air crotté! » ou « Moi les noirs je ne suis pas capable! » ou « L'ostie de fif y'é mieux de pas venir me voir! » ou « Elle, c'est une... » Bon, je pense avoir bien exposé ce que je veux dire. Il me semble que si on laissait la chance à tout le monde, seulement en disant bonjour, se serrant la main, discutant un peu, etc... tout irait mieux, non? Pis après une première approche, si ça ne fait pas, on se vire de bord et on va voir ailleurs. Au moins, on aura essayé. Pis si ça ne fonctionne pas avec un individu d'une classe, pourquoi ça ne marcherait pas avec un autre. Dans le fond, c'est de faire comme les chiens, si ça ne sent pas ce dont on veut que ça sente, allons sentir ailleurs, mais au moins, allons sentir! Ça c'est de la philosophie mon Seb!



Et maintenant

Je me suis trouvé un travail dans une ferme sur l'île de Vancouver, plus précisément à Qualicum Bay, village de quelques âmes. C'est une ferme de lamas! Hé oui, je vais travailler avec des lamas! C'est aussi un centre pour les hommes ayant une lésion au cerveau suite à un accident et non, je ne vais pas là parce que j'ai une lésion au cerveau contrairement à ce que certains peuvent penser! Les lamas font parti de l'intervention en zoothérapie. Mon travail sera surtout avec les lamas et l'entretien général de la ferme mais je crois que la dame qui s'en occupe, très sympathique aux premiers contacts, a des attentes envers moi et des plans derrière la tête car elle a beaucoup accroché sur le fait que j'ai étudié en éducation spécialisée et mon expérience avec les jeunes. J'ai bien hâte. Je pars pour là-bas le 7 janvier. Plus de détail dans le prochain épisode.

Citation: "La route, c'est la vie" Sur la route, Jack Kerouac
Musique: American IV et American V de Johnny Cash