Qualicum Bay, village d'environ 400 habitants avec deux restaurants et un pub (le Road House, comme le film avec Patrick Swazye). Ça se situe à environ deux heures au nord de la ville de Victoria sur l'île de Vancouver. C'est tellement petit que ça n'apparait pas sur Google Map (il faut écrire Qualicum Beach si on veut voir c'est où car c'est le village d'à côté - qui soit dit en passant, est peuplé à 80% de retraités et l'autre 20% travaille pour eux). Je travaille au Alpaca Acres at Arrowsmith, une ferme d'alpagas et de lamas qui s'occupe aussi d'hommes ayant eu une lésion au cerveau suite à un accident – je ne parlerai pas de ces hommes ni de ce que je fais avec eux pour garder la confidentialité - j'ai signé quelque chose pour ça. Avant de poursuivre, je me dois d'expliquer comment j'ai trouvé cette ferme.
Après une recherche d'emploi infructueuse à Vancouver, je me suis viré de bord et me suis dit que ça voulait peut-être dire que je devais quitter cette ville. Ayant suivi les conseils d'une amie avant de partir (merci Émilie!), je me suis abonné à l'organisme WWOOF Canada. WWOOF vient de l'anglais World-Wide Opportunities on Organic Farms, ce qui se traduit en français par « possibilités dans les fermes biologiques du monde entier ». Il y a des WWOOF un peu partout dans le mode et il ne suffit que de s'abonner à celui du pays que tu veux visiter. Le principe est simple et pratique en voyage: en échange de ton travail sur la ferme, tu es logé et nourrit. Pas rémunéré par contre, mais ce n'est pas grave, car la base est dispensée par les propriétaires. Le nombre d'heures de travail, l'endroit où tu dors et la façon dont tu es nourrit sont à la discrétion de chacune des fermes. Tu dois donc « magasiner » ta ferme. Dans ta recherche, tu as le choix des endroits où tu peux travailler – il n'y a pas seulement que des fermes biologiques, il y a aussi des auberges, des fermes d'animaux (comme où je suis présentement), des centres d'éco-tourisme, etc... Donc tu peux même te trouver du travail l'hiver. Est-ce qu'il faut se prendre d'avance? Pas vraiment, mais le choix devient réduit par contre si tu attends à la dernière minute – mon cas – car certaines personnes se prennent beaucoup à l'avance (ah ces européens!). Au début de ma recherche, j'envoyais un courriel à la fois au fur et à mesure que les réponses rentraient. Je me suis vite aperçu que ce n'était peut-être pas le bon moyen en recevant des réponses négatives (on a déjà quelqu'un, pas de travail l'hiver) ou simplement pas de réponses. J'ai dû envoyer une dizaine de demandes avant d'avoir une réponse positive – deux dans le fond, à quelques heures d'intervalles, mais l'autre c'était une auberge qui ne m'offrait que le logement. Me voici donc au Alpaca Acres at Arrowsmith, Qualicum Bay.
Tout d'Abord, mes condition de vie. J'habite seul dans une roulotte avec toutes les commodités – même l'écran de télé plat avec câble que j'ouvre très rarement. Les déjeuners et les diners sont sont à ma guise et le souper, on le prend tout le monde ensemble, comme une grosse famille. Pour mes repas et collations, je n'ai qu'à faire ma liste d'épicerie et on m'achète tout ce qu'il y a dessus, sans poser de questions à part peut-être « ta mayonnaise, est-ce que tu veux de la vrai ou de la Myracle Whip? » Parfais!!! J'ai aussi accès à une voiture pour mes déplacements, peu importe où. Donc je vis dans le gros luxe sale!!! En plus des bénéficiaires, il y a Jim, le propriétaire, Sue, sa femme, propriétaire par le fait-même et responsable de tout ça – que je ne voie que très rarement - et Mike, le frère de Sue qui travaille avec les bénéficiaires la fin de semaine. Personne d'entre eux n'habite vraiment ici en permanence. Il y a aussi deux autres « WWOOFer » avec moi ici. Deux français qui se connaissaient déjà - la fille est arrivée il y a quelques jours seulement. Ils sont très sympathiques! Les propriétaires aussi sont très sympathiques. Quand j'ai commencé à correspondre avec Sue, elle me soulignait souvent qu'il fallait avoir un sens de l'humour pour travailler ici. Je commençais à presque m'en inquiéter car je me demandais pour quelle raison elle soulignait ça tout le temps? Parce qu'on se fait chier ici? Non! Parce que ce sont des gens qui aiment rire et taquiner les autres. Mon sens de l'humour cadre donc parfaitement! Ma personnalité aussi car je suis, comme dans mon travail précédent et certaines personnes de mon entourage, vu comme quelqu'un « d'original » que l'on aime bien « taquiner ». En plus, Jim aime bien mon côté gaffeur et adore me regarder travailler en attendant de voir de quelle façon je vais gaffer ou me blesser. Ironiquement, je me cogne souvent la tête. Jim n'arrête pas de me dire que je vais devenir client ici (Yeah, you wish Jim!). Un bénéficiaire m'a aussi dit « Tu ne veux pas avoir des séquelles permanentes au cerveau! » en riant et en faisant référence à sa condition. L'humour fait réellement parti du quotidien ici et je crois que je fais énormément ma part dans tout ça. Un autre exemple du sens de l'humour d'ici (je pourrais en donner plein mais j'ai d'autres choses à raconter): Je dis à Jim que j'aime bien la nourriture que sa mère fait car il y en a souvent. Il me répond que si je veux, il pourrait me la présenter car elle est célibataire et elle a 86 ans. Je lui dit que je suis intéressé et qu'il peut maintenant m'appeler papa. Il a bien rit et je l'appèle maintenant fiston (il a 62 ans).
Après une recherche d'emploi infructueuse à Vancouver, je me suis viré de bord et me suis dit que ça voulait peut-être dire que je devais quitter cette ville. Ayant suivi les conseils d'une amie avant de partir (merci Émilie!), je me suis abonné à l'organisme WWOOF Canada. WWOOF vient de l'anglais World-Wide Opportunities on Organic Farms, ce qui se traduit en français par « possibilités dans les fermes biologiques du monde entier ». Il y a des WWOOF un peu partout dans le mode et il ne suffit que de s'abonner à celui du pays que tu veux visiter. Le principe est simple et pratique en voyage: en échange de ton travail sur la ferme, tu es logé et nourrit. Pas rémunéré par contre, mais ce n'est pas grave, car la base est dispensée par les propriétaires. Le nombre d'heures de travail, l'endroit où tu dors et la façon dont tu es nourrit sont à la discrétion de chacune des fermes. Tu dois donc « magasiner » ta ferme. Dans ta recherche, tu as le choix des endroits où tu peux travailler – il n'y a pas seulement que des fermes biologiques, il y a aussi des auberges, des fermes d'animaux (comme où je suis présentement), des centres d'éco-tourisme, etc... Donc tu peux même te trouver du travail l'hiver. Est-ce qu'il faut se prendre d'avance? Pas vraiment, mais le choix devient réduit par contre si tu attends à la dernière minute – mon cas – car certaines personnes se prennent beaucoup à l'avance (ah ces européens!). Au début de ma recherche, j'envoyais un courriel à la fois au fur et à mesure que les réponses rentraient. Je me suis vite aperçu que ce n'était peut-être pas le bon moyen en recevant des réponses négatives (on a déjà quelqu'un, pas de travail l'hiver) ou simplement pas de réponses. J'ai dû envoyer une dizaine de demandes avant d'avoir une réponse positive – deux dans le fond, à quelques heures d'intervalles, mais l'autre c'était une auberge qui ne m'offrait que le logement. Me voici donc au Alpaca Acres at Arrowsmith, Qualicum Bay.
Tout d'Abord, mes condition de vie. J'habite seul dans une roulotte avec toutes les commodités – même l'écran de télé plat avec câble que j'ouvre très rarement. Les déjeuners et les diners sont sont à ma guise et le souper, on le prend tout le monde ensemble, comme une grosse famille. Pour mes repas et collations, je n'ai qu'à faire ma liste d'épicerie et on m'achète tout ce qu'il y a dessus, sans poser de questions à part peut-être « ta mayonnaise, est-ce que tu veux de la vrai ou de la Myracle Whip? » Parfais!!! J'ai aussi accès à une voiture pour mes déplacements, peu importe où. Donc je vis dans le gros luxe sale!!! En plus des bénéficiaires, il y a Jim, le propriétaire, Sue, sa femme, propriétaire par le fait-même et responsable de tout ça – que je ne voie que très rarement - et Mike, le frère de Sue qui travaille avec les bénéficiaires la fin de semaine. Personne d'entre eux n'habite vraiment ici en permanence. Il y a aussi deux autres « WWOOFer » avec moi ici. Deux français qui se connaissaient déjà - la fille est arrivée il y a quelques jours seulement. Ils sont très sympathiques! Les propriétaires aussi sont très sympathiques. Quand j'ai commencé à correspondre avec Sue, elle me soulignait souvent qu'il fallait avoir un sens de l'humour pour travailler ici. Je commençais à presque m'en inquiéter car je me demandais pour quelle raison elle soulignait ça tout le temps? Parce qu'on se fait chier ici? Non! Parce que ce sont des gens qui aiment rire et taquiner les autres. Mon sens de l'humour cadre donc parfaitement! Ma personnalité aussi car je suis, comme dans mon travail précédent et certaines personnes de mon entourage, vu comme quelqu'un « d'original » que l'on aime bien « taquiner ». En plus, Jim aime bien mon côté gaffeur et adore me regarder travailler en attendant de voir de quelle façon je vais gaffer ou me blesser. Ironiquement, je me cogne souvent la tête. Jim n'arrête pas de me dire que je vais devenir client ici (Yeah, you wish Jim!). Un bénéficiaire m'a aussi dit « Tu ne veux pas avoir des séquelles permanentes au cerveau! » en riant et en faisant référence à sa condition. L'humour fait réellement parti du quotidien ici et je crois que je fais énormément ma part dans tout ça. Un autre exemple du sens de l'humour d'ici (je pourrais en donner plein mais j'ai d'autres choses à raconter): Je dis à Jim que j'aime bien la nourriture que sa mère fait car il y en a souvent. Il me répond que si je veux, il pourrait me la présenter car elle est célibataire et elle a 86 ans. Je lui dit que je suis intéressé et qu'il peut maintenant m'appeler papa. Il a bien rit et je l'appèle maintenant fiston (il a 62 ans).
Le travail
Je travaille environ entre 5 et 7 heures par jour dépendant de la température et de ce qu'il y a à faire. Je choisis les jours que je travaille tant que je fais environ 5 jours par semaine. La journée débute à 9h et la première tâche est d'aller nourrir les alpagas et les lamas. La différence entre ces deux animaux sont en gros leur taille. Les lamas sont plus gros. Il n'y a que quatre lamas, c'est donc plus une ferme d'alpagas. Je ne sais pas vraiment comment il y en a en tout. Le préjugé que l'on a face à ces animaux est presque vrai: ils crachent. La seule fois qu'ils peuvent te cracher dessus, c'est quand tu es entre eux et leur bouffe. À date, ce n'est pas arriver qu'un d'entre eux me crache dessus mais j'ai eu de sérieux avertissements. Ils se crachent dessus par contre régulièrement. C'est leur façon de régler leur compte. On pourrait faire ça nous aussi! Au moins, ça fait moins mal qu'un poing sur la gueule, non? Ce sont aussi des animaux très curieux. Quand tu t'approches, ils s'approchent eux aussi pour te regarder mais pas de trop près. Ce sont aussi des animaux peureux. Il y a un alpaga qui me permet de le flatter. C'est donc devenu mon chummy. Ça prend environ 45 minutes nourrir tout ce beau monde. Après, bein ça dépend. Ça commence souvent par Jim qui me demande par exemple « est-ce que tu as déjà fait de la plomberie? » et moi de répondre presque tout le temps « non ». « Tu vas en faire maintenant ». Il me montre sommairement la tâche à faire et me laisse me débrouiller par la suite. Pour savoir si le travail est bien fait? Il me dit « est-ce que ta mère serait fière? » Ça prend donc une bonne dose de débrouillardise et de patience pour travailler ici. Heureusement, il n'y a pas de pression du tout. C'est très relaxe comme ambiance de travail. Donc, à date, j'ai fait de la plomberie, de l'électricité, de la charpenterie et chauffeur d'autobus. J'ai aussi monter une cuisine IKEA (toujours en cours). Je sais aussi un peu ce qui s'en vient: « construire » un appartement (c'est dans le grenier de la maison secondaire où ils veulent faire un appartement et tout est à faire – c'est pour ça les meubles de cuisine IKEA), monter la plomberie pour une petite salle de lavage extérieur (en face de ma roulotte), finir la construction d'une clôture et probablement ramasser la merde dans les enclos des animaux car elle s'accumule et avec la pluie, ça devient une drôle de bouette (mes bottes sont belles à voir et à sentir!) Il y aura surement d'autres choses qui vont s'ajouter d'ici mon départ et il y a de bonnes chances que d'autres ne seront pas terminées. La journée se termine comme le début, en nourrissant les animaux. J'apprends beaucoup ici et j'aime ça! Je découvre aussi des muscles qui ne se sont jamais manifestés auparavant! J'aime beaucoup ma vie de fermier!
Je travaille environ entre 5 et 7 heures par jour dépendant de la température et de ce qu'il y a à faire. Je choisis les jours que je travaille tant que je fais environ 5 jours par semaine. La journée débute à 9h et la première tâche est d'aller nourrir les alpagas et les lamas. La différence entre ces deux animaux sont en gros leur taille. Les lamas sont plus gros. Il n'y a que quatre lamas, c'est donc plus une ferme d'alpagas. Je ne sais pas vraiment comment il y en a en tout. Le préjugé que l'on a face à ces animaux est presque vrai: ils crachent. La seule fois qu'ils peuvent te cracher dessus, c'est quand tu es entre eux et leur bouffe. À date, ce n'est pas arriver qu'un d'entre eux me crache dessus mais j'ai eu de sérieux avertissements. Ils se crachent dessus par contre régulièrement. C'est leur façon de régler leur compte. On pourrait faire ça nous aussi! Au moins, ça fait moins mal qu'un poing sur la gueule, non? Ce sont aussi des animaux très curieux. Quand tu t'approches, ils s'approchent eux aussi pour te regarder mais pas de trop près. Ce sont aussi des animaux peureux. Il y a un alpaga qui me permet de le flatter. C'est donc devenu mon chummy. Ça prend environ 45 minutes nourrir tout ce beau monde. Après, bein ça dépend. Ça commence souvent par Jim qui me demande par exemple « est-ce que tu as déjà fait de la plomberie? » et moi de répondre presque tout le temps « non ». « Tu vas en faire maintenant ». Il me montre sommairement la tâche à faire et me laisse me débrouiller par la suite. Pour savoir si le travail est bien fait? Il me dit « est-ce que ta mère serait fière? » Ça prend donc une bonne dose de débrouillardise et de patience pour travailler ici. Heureusement, il n'y a pas de pression du tout. C'est très relaxe comme ambiance de travail. Donc, à date, j'ai fait de la plomberie, de l'électricité, de la charpenterie et chauffeur d'autobus. J'ai aussi monter une cuisine IKEA (toujours en cours). Je sais aussi un peu ce qui s'en vient: « construire » un appartement (c'est dans le grenier de la maison secondaire où ils veulent faire un appartement et tout est à faire – c'est pour ça les meubles de cuisine IKEA), monter la plomberie pour une petite salle de lavage extérieur (en face de ma roulotte), finir la construction d'une clôture et probablement ramasser la merde dans les enclos des animaux car elle s'accumule et avec la pluie, ça devient une drôle de bouette (mes bottes sont belles à voir et à sentir!) Il y aura surement d'autres choses qui vont s'ajouter d'ici mon départ et il y a de bonnes chances que d'autres ne seront pas terminées. La journée se termine comme le début, en nourrissant les animaux. J'apprends beaucoup ici et j'aime ça! Je découvre aussi des muscles qui ne se sont jamais manifestés auparavant! J'aime beaucoup ma vie de fermier!
Je prévoie rester ici deux mois car je suis vraiment bien – ça fait longtemps que je ne me suis pas senti bien comme ça. Tellement que je n'ai pratiquement plus d'acouphène et ne pense pas à grand chose de dérangeant, donc pas vraiment beaucoup d'angoisse et d'anxiété. La vie est paisible et agréable et je suis dans la nature. Hier, j'ai eu la chance de voir les étoiles car il n'y avait pas de nuages (chose rare). Ça faisait très longtemps que je n'avais pas vu autant d'étoiles dans le ciel. En frais d'animaux sauvages « inusités », à date j'ai vu un aigle à tête blanche et des oies sauvages. À ajouter sur ma liste je l'espère car ils peuplent le domaine: un ours noir, des ratons laveurs et un serpent (non venimeux). Je suis aussi près de la « plage ». Je n'ai qu'à traverser la petite route et je suis rendu. Très belle vue!
Sur la langue
Je commence à réfléchir en anglais et à parler à la française. C'est vraiment bizarre tout ça! Je réfléchie en anglais car il le faut si tu veux bien t'expliquer, t'exprimer ou pour bien poser tes questions (ou juste pour être capable de dire de la marde en anglais pour les faire rire). Je me débrouille bien en anglais mais je me rends compte qu'il me reste encore un petit bout à faire. J'apprends et m'améliore à tous les jours. Quand je parle en français, je parle à la française car j'ai deux collègues français avec moi et si je veux me faire comprendre, je dois faire attention. Il y a aussi qu'en les côtoyant, on dirait que ça vient tout seul. Je comprends donc ces stars québécoises qui reviennent de France avec l'accent. Des fois, ils me disent de parler normalement à la québécoise mais dès que je commence, je vois leur regard vide qui veut dire qu'ils ne comprennent pas (ils ne te le diront pas qu'ils ne comprennent pas). J'aime bien les écœurer par contre! Je dis souvent dans une journée « maudit français chiants » ou mieux, « câlisse de français à marde »! Et eux me traitent de « colons de québécois »! Nous avons beaucoup de plaisir ensemble!
Pour terminer, j'héberge présentement une colocataire temporairement. Elle est très gentille et affectueuse. Pour l'instant, je la nomme minette. Il faudrait que je lui trouve un nom même si je sais qu'elle va probablement quitter bientôt. On verra!
Je commence à réfléchir sur la suite. Où je vais après? Je prends les suggestions.
Humeur: Réflexion, philosophe et serein
Musique: Le plancher des vaches de Fred Fortin
Humeur: Réflexion, philosophe et serein
Musique: Le plancher des vaches de Fred Fortin








