dimanche 20 décembre 2009

De la marche et du crack

Vancouver

Depuis quelques jours, ma principale activité est de marcher. Pis pour marcher, j'ai marché – j'aimerais en passant remercier mes parents pour m'avoir implanté un GPS dans le cerveau à ma naissance. Je ne me suis jamais perdu malgré quelques doutes! Je commence à sérieusement connaître le centre-ville de Vancouver par cœur. J'erre dans les rues pour observer, m'imprégner de l'ambiance de cette ville - et me trouver une job par le fait même. La principale trame sonore que l'on entend c'est des sirènes. Des sirènes de police et d'ambulance surtout. Il faut croire que ça rock pas mal ici! Finalement, je trouve que c'est une belle ville. La plupart des gens sont sympathiques et souriants. Il y a beaucoup d'itinérance et malheureusement, tu commences à la longue à les ignorer. Je n'aime pas ça mais tu viens qu'à ne pas avoir le choix car sinon, c'est toi qui va se ramasser dans la rue. Un simple sourire leur plaie parfois alors je me gâte. J'ai discuté un peu avec un l'autre fois. Je me rends compte que parfois j'ai quelques similarités avec eux – excepté que j'ai un toit sur la tête et plus d'argent qu'eux. Ça fait quand même drôle.







Sur la météo

J'avais entendu dire que Vancouver était grise l'hiver mais on dirait que je ne voulais pas y croire. C'est vrai que c'est  gris pis y mouille. Pis des fois, y mouille en criss! Il annonçait une tempête de neige cette semaine – 20 cm. Je me dis enfin de la neige! Ça va faire du bien. Le peu de nouvelles que j'écoute a même des reportages sur les gens qui se garochent pour faire installer leurs pneus d'hiver, sur la pénurie de pneus et sur la question « est-ce que la Ville est prête à cette chute de neige? » (c'est drôle de voir que peu importe où tu es, les médias sont minables!). La réponse à cette dernière question est oui, ils sont prêts, surtout que les Olympiques arrivent! Bon, me voici tout excité à voir ma première tempête canadienne! Je me réveille et regarde par la fenêtre: Y mouille tabarnac! Quand j'en ai parlé avec un type dans la journée, il m'a dit que c'était commun ici – il annonce quelque chose et ce n'est pas ça qui se passe. Quelle déception... Il fait doux par exemple. En moyenne à date, ça tourne pas mal toujours autour de 5 à 10°C. J'ai même eu un peu de soleil avec une température de 10°. On se croyait le printemps!



Une job svp?

Je suis à la recherche d'un travail pour pouvoir payer mes dépenses. Ce n'est pas aussi facile que je le croyais. Au début, je cherchais dans le temporaire pour m'assurer d'une fin et ainsi m'enlever le fardeau de démissionner. Je ne trouve pas. J'applique donc sur différentes jobs, peu importe le statue. Aide déménageur, aide à la construction, plongeur, scanneur, tourneur de boulettes dans un fast-food, etc... Je me suis aussi inscrit à une agence de placement pour des emplois temporaires. J'ai passé une entrevue comme plongeur dans un restaurant du nom de Café Crêpe. Ma première entrevue en anglais. Ça s'est bien passé mais comme je le craignais avant de partir, je crois que je suis « trop qualifié » ou « pas assez » pour ce type de job. Le gars m'a même offert d'appliquer comme cuisinier (je lui ai expliqué que la cuisine n'était pas ma majeur mais il m'a dit qu'il me formerait). Au final, il m'a dit qu'ils faisaient des entrevues toute la semaine et que si j'étais retenu, qu'il m'appèlerait la semaine prochaine. Un classique!
Dans ma recherche, il va falloir que je sois moins honnête et que j'arrête de dire que je ne crois pas être là pour les Olympiques. C'est pas mal pour cette période qu'ils engagent. Pis je n'ai pas un CV très gagnant pour trouver une job manuelle. Je commence à sérieusement regarder à me pousser ailleurs. Peut-être un endroit plus petit, plus campagnard. Une chose est certaine, il faut que je change ma façon d'être pour trouver une job car pour l'instant, ce n'est pas gagnant...


Downtown Eastside

Sous les bons conseils de Karine, j'ai profiter du jour pour visiter le Downtown Eastside. Pourquoi le jour? Parce qu'il paraît que la soir et la nuit, c'est l'un des quartiers les plus dangereux au Canada – et assurément le plus pauvre... (après une petite recherche, c'est un des quartier avec un des taux de criminalité les plus élevé d'Amérique du nord et le plus pauvre au Canada).  Pas que je suis peureux de nature, mais ça vaut la peine d'aller observer en se sachant « un peu plus en sécurité ». Je m'en vais donc sur East Hansitngs Street pour découvrir ce quartier mythique (vous allez assurément en entendre parler lors des prochaines Olympiques).

Après environ une dizaine de minutes de marche et rien à signaler, je me rends compte que je n'ai pas pris le bon bord et que j'allais vers l'ouest au lieu de l'est... Il me semblait bien qu'un magasin qui vend exclusivement des montres Rolex n'était pas signe de pauvreté. Maintenant, bonne direction. On s'en rend compte quand on arrive dans le Downtown Eastside. Le paysage et les odeurs changent drastiquement. Une rue change tout. Les édifices sont délabrés au plus haut point. Les gens qui fréquentent la rue changent eux aussi. Pour la très grande majorité, ce sont des sans-abris que l'on voit maintenant. Celui qui me précède a deux gros sacs de vidange pleins de canettes vides et ça ne sent pas très bon. Quand tu passes devant une ruelle, tu te rends compte assez vite que c'est la toilette publique car il y a des odeurs fortes et aussi, ce fut le cas pour moi, il y a quelqu'un qui « se sert » de la dite toilette. Et là, exactement entre les rues Columbia et Main, on dirait qu'ils sont tous là. Ils sont des dizaines, là, à discuter, s'échanger des trucs, s'engueuler, étaler leurs trouvailles sur le trottoir pour les vendre – et tu sens aussi une solidarité entre eux, une vrai communauté. Toi tu marches parmi eux, ou devrais-je dire tu te fraies un chemin parmi eux. Certains ne te voient même pas. D'autres essaient de te vendre toute sorte de choses. Il y en a un qui m'a offert une bicyclette et par la suite une substance dans un petit sachet (et là, vu que j'ai promis à ma mère avant de partir de ne pas accepter de bonbons d'un étranger, j'ai refusé). C'est vraiment particulier. J'ai de la difficulté à dire ce que je ressentais à ce moment. Un mélange de froideur (car oui, j'ai revêtit ma face de cul la plus sincère), d'empathie et de tristesse. C'est la première fois que je vois autant de misère concentrée dans un si petit périmètre. Le pire dans tout ça? C'est que je n'ai rien vu encore. J'aurais aimé prendre des photos, mais je ne l'ai pas fait pour deux raisons: 1- ce sont des êtres humains et non des attractions (un peu de respect!) 2- bein, je ne voulais pas perdre mon appareil photo.
De nuit maintenant.
Je suis allé voir un show qui avait lieu dans ce coin là (bon show en général mais je dois souligner la performance énergique et solide de Shearing Pinx, groupe avec qui j'ai déjà partagé la scène avec Feu Shpilberg. En passant, les gars sont très sympathiques (il y a aussi une fille mais vu qu'elle est gênée et que je le suis aussi, on ne se parle pas beaucoup) et sont toujours contents de me voir. Il fallait voir la face de Nick quand je lui ai répondu à sa question « qu'est-ce que tu fais ici » que j'étais simplement venu les voir! Petit comique, va!). Bon, fermons cette parenthèse et parlons du Downtown Eastside la nuit. Hé bien là, c'est réellement quelque chose. Du jamais vu. Même pas dans les films. Je ne me suis jamais senti en danger par contre le temps que j'y étais. Peut-être que mon look simili-crotté m'a servi un peu. Doooooooonc, je quitte la salle de spectacle et il doit être 1h du matin. Je marche vers où j'étais allé le jour. L'ambiance est vraiment digne d'un film de zombie – et là je parle de classiques où les zombies ne cours pas et marchent tout croche car ils sont morts – les gens se promènent, croches, sans trop savoir où ils vont, traversent la rue sans regarder, tombent, rentrent dans les poteaux. Voici donc ce que j'ai vu/vécu sur environ deux pâtés maison – sans être exhaustif:
  • une fille qui baisse ses collants pour soit replacer sa patch (serviette sanitaire), soit l'enlever ou soit enlever quelque chose d'autre (je ne me suis pas attardé à regarder c'était quoi exactement)
  • une fille se prendre une puff de crack sur le trottoir
  • un gars dans un taxi (pas le chauffeur, le client) « câller » une prostituée (pas du luxe en passant) pour qu'elle monte avec lui
  • un gars qui me crie après. Là, je vais y aller plus en profondeur car ça vaut la peine. Donc, cet homme, d'un air louche, habillé comme la chienne à Jacques, cicatrice fraîche sur la joue, me crie quelque chose. Il a l'air de m'offrir quelque chose mais je ne comprends pas bien, j'ai l'oreille sourde. Je lui fais signe en disant « No, thanks » et continue mon chemin. Il se met donc à me suivre en criant « hé man! Viens ici! ». Je m'arrête donc et me tourne vers lui. Plus calmement, il me dit « donne-moi ta main man, joyeuses fêtes! ». Je lui donne ma main en pensant qu'il voulait me la serrer, et il y met quelque chose. Je regarde et vois ce que je crois être une petite motte de crack (je crois car j'en ai jamais vraiment vu live comme ça – bein oui Cathie, ce n'est pas vrai que je fumais du crack sur la job). Donc, j'ai cette petite motte dans ma main, je la regarde, regarde le type et veux la lui redonner en lui disant « Non, merci. » (il faut rester poli tout de même). Il insiste pour que je la garde en me disant joyeux Noël. Pour ne pas le contrarier, je la mets dans ma poche de manteau (je n'avais pas vraiment le choix là maman!), lui dit merci, et continue ma marche. Il me demande alors si j'ai du change pour 5$. Je lui dit que non, je n'ai pas d'argent – et c'était vrai. Il me croit et me demande de lui redonner la motte. Ce que je fais. Il me souhaite bonne nuit et quitte; moi aussi. Ce doit être de cette façon qu'ils font leurs transactions. Ce fut spécial comme événement. Je peux donc mettre dans mon CV de vie que j'ai possédé du crack pendant 2 minutes. Inquiétez-vous pas (surtout vous maman et papa), je l'aurais jeté dans les toilettes en arrivant à la maison pour faire planer les poissons.
C'est donc un quartier qui est très spécial. Je suis content de l'avoir vu et vécu un petit peu. Certains d'entre vous doivent se demander où est la police? Elle est là. J'ai vu au moins deux voitures stationné dans le coin plus deux autres patrouiller. Je crois qu'ils ne doivent pas intervenir pour « n'importe quoi ». Pour plus d'information sur ce quartier, je vous invite à en discuter avec ma sœur qui y travaille quotidiennement. Elle est supposé m'organiser une journée avec un intervenant pour que je le suive et voir ainsi leur travail. J'ai hâte! En passant, il y a une piquerie légale, ou centre d'injection supervisé, dans le quartier. Pour voir à quoi peut ressembler ce quartier, je vous réfère à ce petit vidéo qui est en fait un montage de photos qui démontre bien l'esprit du quartier (en plus c'est sur une toune superbe que j'adore!): http://www.youtube.com/watch?v=HDmK0ATv_Mw



Humeur: réflexion intense sur le sens de la vie, excitation face à la liberté et les opportunités qui sont devant moi, solitude
Musique: Andrew W.K. ou du rock qui rentre au poste!

jeudi 10 décembre 2009

De Vancouver à des brassières

Débarquement à Vancouver le 3 décembre 2009 à 23h, heure du pacifique. Je célèbre mon 34e anniversaire en quittant vers une certaine aventure. En bonus, j'ai gagné 3 heures de plus pour marquer cette journée particulière. Oh yeah!

Les raisons qui expliquent ce saut ne sont pas toutes claires. Il me manque encore des bouts et j'espère bien pouvoir éclaircir le tout au long de ces 7 prochains mois. L'aventure est stimulante mais en même temps déstabilisante et même angoissante. Tant mieux car une chose est certaine, la déstabilisation est un but en soit.

Les premiers jours à Vancouver n'ont pas été des plus chargés. J'en ai profité pour me reposer, décanté un peu tout ça. J'habite chez ma sœur et ça m'apporte une certaine facilité-stabilité dans ce début de parcours. Elle habite dans le cartier Fairview, à quelques minutes du centre-ville, du côté ouest de la ville. Le quartier est tranquille et branché. Il y a 3 à 4 cafés par coins de rues (et ça inclus le Starbuck à chacun des coins aussi), quelques restos et bars branchés ainsi qu'une multitude de petits restos de différentes ethnies (principalement asiatiques et indiens). Ça me fait pensé un peu au Plateau à Montréal.



J'ai eu l'occasion d'aller visiter un peu l'est de Vancouver car j'ai une connaissance qui travaille dans un magasin de disque dans le quartier Grandview (le petit magasin se nomme Audiopile, un autre excellent magasin de disques indépendant où le fait de ne pas avoir de table tournante m'irrite quelque peu...). J'ai enfin découvert le côté plus « activiste » de Vancouver. En marchant vers l'est, les affiches sont apparues. Une vigile pour souligner la mort d'un autochtone et revendiquer « que la vérité sorte ». Une manifestation contre un nouveau projet de règlement qui permettrait à la police de forcer les sans abris à aller dans des refuges – et s'il n'y en a pas de disponible, en prison (Karine m'a parlé de ce règlement car ça touche directement ceux avec qui elle travaille – très intéressant de l'écouter parler  de son travail dans le Downtown East Side). Ma préférée: une affiche d'un collectif d'anarchistes qui ont lancé une opération contre les olympiques qui se nomme « Capture the flag! » (pour la traduction, c'est le jeu du drapeau où chaque équipe doit prendre le drapeau de l'autre équipe et le ramener dans son territoire). Intéressant. Ça me donne presque le goût d'être là aux olympiques pour voir ça... Donc, le East Side de Vancouver est intéressant. La faune me ressemble aussi. Je voulais aller dans le Downtown East Side et je ne crois pas avoir réussi... Mais Karine me dit que j'y était dans une partie. Ce n'est que partie remise. Je parlerai donc de ce quartier quasi mythique lorsque je l'aurai visité.

Dans cette promenade, je suis passé dans le Chinatown. Rien à voir avec celui de Montréal. On se croit réellement en Chine. Peu de mots que l'on comprend, des odeurs intéressantes et d'autres vraiment pas intéressantes, tout est écrit en chinois (pas de sous-titres anglais, donc pour la bouffe vendu dans les marchés, inusitée en passant, c'est pas mal un guest si tu veux acheter quelque chose) et tu es presque le seul blanc qui se promène dans ce coin. Un voyage interculturel à pied!

Victoria - Jour 1

À force de faire du « surplace », j'ai eu envi de bouger. Pendant que j'ai les ressources pour le faire, pourquoi ne pas aller visiter la capitale de la Colombie-Britannique: Victoria sur l'île de Vancouver (effectivement, Vancouver n'est pas sur l'île de Vancouver ni la capitale de la Colombie-Britannique). On se lève tôt, on prend le Sky Train (genre de métro qui sort aussi au dessus de la ville), un autobus, un traversier et un autre autobus et nous y voici, 5h30 plus tard! Je me dois de parler du traversier car j'en suis rendu un expert pour avoir travailler pendant deux ans à Lévis. On parle d'un traversier qui ressemble plus à un petit bateau de croisière. Différents restaurants, sièges confortables et télévisions avec des émissions pour les enfants. Le terminal de Vancouver a quelque chose de particulier: dans les toilettes, il y a un endroit sécuritaire pour jeter les seringues usées. Un p'tit shoot pis je prend le bateau? Pourquoi pas! Hé non, ce n'est pas le genre de votre narrateur, mais je me dis que ça doit être le genre de certaines personnes si ça existe! Bon, revenons à notre petite croisière. Très sympathique! Ça dure environ 1h30 et une bonne partie se fait au travers de différentes petites Îles. Ces Îles ont toutes quelques maisons et/ou chalets et sont toutes boisées. Ça fait du bien de voir un peu de verdure!







L'arriver à Victoria est aussi très verte. Nous arrivons littéralement dans une forêt. Plus on avance, plus la ville pousse au travers et nous voici enfin au centre-ville de Victoria. Je loge dans une auberge de jeunesse qui se nomme Ocean Island Inn. Pas chère. En entrant, il y a comme une drôle d'odeur. Un mélange de litière pour chat pleine et de pisse carrément. Ça n'augure pas bien! Finalement, la chambre ne sent pas mauvaise du tout et est propre. La salle de bain partagée aussi. La chambre est petite mais ça fait la job.



Je suis au café de l'auberge pour manger un petit quelque chose et boire un peu. J'en profite donc pour demander à la fille ce qu'il y a d'intéressant à faire à Victoria. « Plein de choses! » me dit-elle. Elle commença donc à réfléchir profondément et la liste qui en est sortie de cette réflexion n'a pas été très longue. Victoria n'est peut-être pas aussi excitante que ça finalement... Quand une ville a une pancarte où il est marqué « La nuit est faite pour dormir. Le jour est fait pour se reposer », ça en dit long. Nous verrons bien. J'ai passé la soirée dans le café bar de l'auberge où il y avait un jeu questionnaire. C'était sympathique même si je n'ai pas participé. J'ai parlé un peu avec le gars à côté de moi mais sans plus. Demain est un autre jour.



Victoria - Jour 2

Je me suis mis en tête d'aller explorer un peu la ville. J'ai regarder un peu ce qu'il y avait et je suis parti faire une longue promenade. Je m'en vais au Beacon Hill Park. Un très beau parc urbain avec beaucoup d'arbres, de canard de différentes espèces, et même des paons! Oui, j'ai vu des paons en liberté dans un parc publique! Et les canards sont assez drôles, couché sur le marais de glace et se baignant dans le trou d'eau au centre.





Tout en marchant dans ce parc, je me suis rendu sur le bord de l'océan. Oui, c'est l'Océan Pacifique! Je n'ai pas trempé mes pieds car il fait quand même un peu froid. C'est beau. Je me suis assis quelques minutes sur une roche pour contempler le paysage. Tranquillité, bruit des vagues qui frappent le roches, paysage magnifique. Ça m'a fait du bien car j'étais un peu maussade en cette journée. Si je ne me trompe pas, c'est les États-Unis que je voyais de l'autre côté.



Dans ma marche sur le long de l'océan, j'ai vu un « petit village » de pêcheurs. De belles petites maisons flottantes. Si vous désirez en acheter une, il y en a à vendre. Entre 300 000$ et 450 000$, et là on parle de maisons qui sont un peu plus grandes que mon appartement. Une rêve de retraite Seb? On verra. J'ai aussi vu quelques phoques dans la baie. Ils sont drôles eux aussi! Lorsque j'ai vu le premier, je me suis approché tranquillement pour le prendre en photo. Il m'a regardé droit dans les yeux et a plongé. Le nargueur! Ils sont timides ces phoques! Je n'ai finalement pas pu prendre de photos d'eux à part le cul de un. Je vous le dit, ils narguent!




Il y a beaucoup d'itinérance ici. C'est par contre une « drôle » d'itinérance. Ils sont pour la plupart sympathique – sans dire qu'ailleurs ils ne sont pas sympathiques, mais c'est différent ici - et trouvent pour la plupart des moyens originaux pour quémander sans se faire harceler par la police. Je crois que j'ai eu plus d'interactions avec eux que les gens de la place (j'exagère un peu mais pas tant que ça...). Voici donc  une petite anecdote avec l'un d'eux:
Je marche près du parlement et un vieil homme me demande de la monnaie. Je lui en donne en lui souhaitant une bonne journée. Il me demande alors d'où je venais. Je lui répond Québec. Il me demande qu'est-ce que je faisais ici. Je lui répondis « Je ne sais pas. » Il m'a fait un signe de tête et dit avec un sourire « Tu ne sais pas ». J'avais l'impression, avec son non-verbal qu'il voulait dire « Je comprend ce que tu vis man... Continue, tu vas trouver ». Ce fut un moment que j'ai apprécié et qui m'a fait un certain bien.

Après cette longue journée de marche, un souper home-made, j'avais soif et en même temps envie de vivre Victoria by night. Premier arrêt, le Swans, un bar que j'avais repéré dans l'après-midi où il y a des spectacles à tous les soirs. L'endroit est quand même chic avec ses airs de pub anglais. Les clients qui peuplent ce bar sont pour la majorité jeunes, du genre étudiants, et aussi des trentenaires branchés. Il y a aussi des gars dans la quarantaine avancée qui veulent être encore dans le vent mais qui manquent leur coup. Bon, le spectacle commence. C'est un espèce de country avec des sonorités celtiques. Pas mauvais mais je ne file pas vraiment pour ça. Je me lasse aussi des colons à côté de moi (les quarantenaires de tantôt). Je finis donc ma bière et quitte pour d'autres cieux.

Je marche un peu sur la « main » et c'est à ce moment que je tombe sur ce petit bar, le Big Bad John’s Bar. C'est le coup de foudre! Le bar est éclairé par une multitudes de lumières de Noël, il y a des photos et toutes sortes d'images – même de l'argent, canadienne, américaine et autre où des gens ont écrit qu'ils étaient passés ici – et des brassières. Oui, des dizaines et des dizaines de brassières sont suspendues un peu partout dans le bar. Certaines sont signées par leur ancienne propriétaire. Une vrai ambiance de red neck/country du sud des États-Unis. La musique? Devinez! Du country. Autant du vrai country old school que du Johnny Cash en passant par Shania Twain. Le barman et la serveuse sont accoutrés en red neck – salopette, chemise carottée et chapeau de cow boy. Le barman, d'un certain âge et prénommé Jerry, est celui qui vous accueil avec son accent texan et sa grosse voix. Je m'approche donc du bar en faisant craquer les écailles de peanuts par terre – il y a des peanuts gratuites et tu jettes les écailles par terre! Magnifique! Je m'approche donc du bar, me prend un tabouret et m'assoie à côté de trois types qui avaient déjà bien commencé leur soirée. Sur le bord du bar, il y a un coussinet pour que tu puisse t'accoter quand ta colonne vertébrale n'est plus capable de te supporter pour cause d'abus de toute sorte. Je commande leur bière spéciale (de la XXX, comme dans les comiques sur les bouteilles d'alcool!) dans un format un peu plus petit qu'une peinte à un prix plus qu'abordable et j'écoute les conversations. Très sympathique et j'ai eu le sourire accroché tout le temps que j'y était.


 
 


Un drôle d'événement c'est par contre produit. J'ai déjà dit à certains d'entre vous que j'avais un drôle de karma, alors en voici une autre preuve:
un type vient s'asseoir à côté de moi et me demande s'il peut effectivement s'asseoir là. « C'est un pays libre » que je lui répond. Il s'assoie donc et sans lui laisser une minute de plus, Jerry sort sa grosse voix et lui dit « Sort d'ici, je ne veux plus te servir. Je suis tanné d'avoir des plaintes contre toi qui fait des avances aux gars! » L'autre a bien essayé de se justifier, mais rien à faire. « Je m'en fout que tu sois gai! Il y a eu des plaintes que tu fais des avances aux gars pis que tu ne comprends pas qu'ils ne sont pas intéressés! Tu sors d'ici tout de suite! » Moi qui suis entre les deux, je me sens, comment dire... un morceau de viande pour un que l'autre refuse de vendre dans son établissement. J'avais le profile bas disons. Il a fallu l'intervention du buncer pour que le type quitte. Je ne pouvais que remercier mon nouvel ami Jerry de m'avoir sorti d'un certain pétrin juste avant que ça arrive. Je lui ai dit merci et lui ai levé mon verre. Il m'a fait un petit sourire en coin en hochant de la tête. Ce fut une belle soirée et je crois sincèrement y retourner demain!

Victoria - Jour 3

J'ai décidé d'aller encore marché et découvrir d'autres coins de Victoria. J'ai encore vu l'océan sous d'autres aspects, d'autres beaux quartiers et rencontré des gens sympathiques (je vais mettre des photos ci-dessous au lieu de vous décrire). Ma conclusion sur Victoria c'est que c'est une petite ville qui est grande en même temps, qui est très sympathique, propre et tranquille. Je crois que venir ici l'été doit être différent et même plus intéressant. Tu te loues une voiture et et parcours l'Île car il semble y avoir plein d'endroits tripants. Karine m'a parlé de Tofino Beach qui parait-il que si j'y allais, j'y resterais! Peut-être ce printemps. Pour l'instant, j'ai d'autres plans pis je me dis que le tout doit être mieux quand il fait plus de 0°C. Donc retour à Vancouver demain.









Un petit mot sur la solitude. Des fois, on se sent seul car il n'y a personne qui nous téléphone un soir, parce qu'on est seul dans une certaine situation, etc... Je découvre un autre type de solitude. Celle où tu es le seul à parler ta langue, celle où tu es dans un endroit où tu ne connais personne, celle où tu n'a personne à qui raconter ta journée, tes péripéties, ou simplement dire de la marde et déconner (j'ai essayer avec un gars dans le bar de l'auberge mais il faut croire que je dois peaufiner ma marde anglophone...). Est-ce négatif? Non. Ça permet d'être plus en contact avec soi, de mijoter ses bebittes pis de combattre ses démons. Je commence à bien me sentir dans ça. Je crois que je vais vivre quelque chose de particulier et ça, c'est excellent.

Dans le prochain épisode: que deviendra Seb? Sera-t-il homme de ménage dans un hôtel? Tournera-t-il des boulettes chez McDonald? Lavera-t-il la vaisselle dans un restaurant Koréain? Excitant, non?

Bon, là je m'en vais voir Jerry pis prendre une de ses excellentes bières en mangeant des peanuts pis en écoutant Hank Williams.

Humeur: excitation, angoisse, tristesse, joie
Musique: The Supersuckers ou n'importe quel toune ou album rock 'n roll ou du country qui rentre au poste ça peut faire!